Tel quel
" J'ai fait relire le spectacle par mon avocat ! J'en ai marre des procs avec Le Pen ! Ce que j'aime, c'est le rire, celui qui n'est pas "rigolade". Il n'y a pas de diffrence entre le genre dramatique et le genre comique. Je me sens plus en phase avec Bergmann qu'avec ce que reprsente Christian Clavier. Il faut toucher la fracheur du public, son ct enfantin, mais ne pas l'infantiliser. (...) je ne me fais jamais insulter dans la rue. Des gens d'opinion oppose sentent qu'il y a une sympathie qui passe au-del des clivages politiques. J'ai mme un ami pied-noir qui veut absolument me prsenter  Le Pen, il parat que nous aurions le mme humour. " Ainsi Guy Bedos voque-t-il dans le Parisien son retour sur scne avec "un spectacle tout neuf ". Et, apparemment, une envie de "mordre " toute neuve.






A la une de l'actualit
Quelques jours  peine aprs la journe sans voiture, tous les quotidiens consacrent une large part de leurs ditions au Mondial de l'automobile qui dmarre en trombe aujourd'hui  Paris avec la visite de Jacques Chirac.

Le Figaro est de mauvaise humeur. Et il entend que a se sache. Outre un ditorial furibond de Paul Guilbert  propos de la rforme de l'audiovisuel public, le quotidien conservateur se fend d'une analyse vengeresse du discours sur la rforme de " Lionel Jospin, l'idologue masqu ". Selon Alain-Grard Slama, l'opposition et les mdias insistent sans cesse sur "le contraste entre l'ampleur des chantiers du [Premier ministre] et la modestie de ses ralisations. " A tort. Car "la ralit est inverse. " Et terrible ! Sous couvert d'immobilisme, "depuis un an et demi, [le gouvernement] socialise la France  tour de bras. " Diable, l'affaire est grave. On nous cache tout, on nous dit rien. Heureusement, le Figaro veille. Car parat-il, "il ne dplat pas au Premier ministre de passer (...) pour un anesthsiste sans danger. Dans une priode de crise, o l'opinion n'a gure le got des rformes, cette rputation lui permet de porter en toute tranquillit son scalpel l o il a choisi d'oprer ". C'est qu'en douce, l'hritier "d'une tradition de gauche galitariste et communautariste dont les rfrences sont juin 1848, la Commune et mai 1968, (...) s'applique patiemment  miner les structures sur lesquelles notre consensus rpublicain s'est appuy jusqu' la fin du rgne de Franois Mitterrand. " Des exemples ? " La dcouverte par la gauche de la politique de la famille ". Laquelle aura servi  lgitimer le PACS "qui prsente la curieuse particularit de permettre  quiconque aspire  vivre en couple de percevoir des avantages de la collectivit au seul motif et pour la seule dure de sa convenance personnelle ? " Ou encore, la lutte contre l'exclusion, qui "ne se rclame plus seulement de la solidarit, mais vise  culpabiliser les 'inclus' en remettant en cause le droit de proprit. " Et Grard-Alain Slama d'en appeler, pour lutter contre "les passes de l'illusionniste ", au rveil de l'opposition. " Si elle existe encore ", prcise-t-il dans un lan de lucidit qui l'honore.

"Vive la France polyglotte" s'enflamme Libration alors que Lionel Jospin a annonc son intention signer la charte du Conseil de l'Europe sur les langues rgionales et les cultures minoritaires. Une manire "de relancer le dbat sur l'emploi des parlers locaux, notamment  l'cole et dans les mdias. " Grard Dupuy constate, lui, tout simplement que "la guerre est finie ". Dans les coles, plus de panneau au-dessus du tableau noir : " dfense de cracher par terre et de parler breton ". C'est que "l'universalisation force du franais en France est acheve depuis longtemps et l'hostilit jacobine envers des parlers perus comme des suppts de raction ne trouve plus gure  se nourrir ". L'ancien ennemi de l'intrieur est promu patrimoine national en quelque sorte. Ewen, 11 ans et lve du Skolaj Diwan, le collge priv en breton du Relecq-Kerhuon, prs de Brest, trouve au bilinguisme un charme certain... : " quand quelqu'un nous emmerde, on lui parle en breton, il pige que dalle, c'est pratique. Pareil quand on veut pas que les parents comprennent. Moi, les miens, ils
captent un peu, pas beaucoup. "

Le Salon de l'Auto 98 qui s'ouvre aujourd'hui  Paris et la victoire de
Gerhard Schrder dimanche se tlescopent en Une du Monde grce  Plantu. O l'on voit dans une voiture de fonction rutilante  trois volants conduite par les compres de l'Europe sociale-dmocrate (en lieu et place du sigle Mercedes, une norme rose rouge trne  l'avant du vhicule) : Jospin, Blair et Schrder. Tous affichent une mine bate. Derrire,  la trane, dans un carrosse en piteux tat, roulent les dirigeants de l'Alliance. Pas vraiment  la fte. A ct de Madelin et Lotard, Sguin bougonne : " a ne marchera jamais ! et je sais de quoi je parle ! " Quant  Jacques Chirac, il se cramponne comme il peut au toit de la voiture...

" La voiture, une affaire de femmes " lance France-Soir qui consacre au Salon de l'auto rien moins que 18 pages. Galle Guernalec a mme cette formule saisissante : " la femme est l'avenir de l'homme et de la voiture
". C'est que selon une tude rcente, un acheteur sur trois est une femme, 55% sont "conducteur principal " d'une des voitures du foyer et 78% de ces femmes utilisent la voiture tous les jours. Commentaire lgant du quotidien populaire : " voil pourquoi trs souvent, les hommes qui se curent le nez dans leur auto lancent cette sentence lapidaire : 'encore une
femme au volant !' ". L'occasion aussi de lancer un cocorico devant le succs des petites franaises. Et l'on parle ici de voitures ! Ainsi, "tous les constructeurs tentent avec plus ou moins de russite de s'engouffrer dans le sillage d'une Twingo qui crase le march (33 400 units immatricules en 6 mois). " Mieux, "on aurait pu penser que Fiat, par vocation historique [serait] le mieux plac pour contester la suprmatie des Franais mais la Cinquecento comme sa remplaante, la rcente Seicento, encore mal diffuse, ne semblent pas sduire les Franais. " Paradoxalement, c'est la Fiat Panda qui se vend le mieux grce  ses prix d'appel et  ses versions 4x4. Un modle tout en modernit puisque, rappelons-le, il est sorti en 1980 !

" Lens avec tout son coeur " clbre l'Equipe aprs le match nul (1-1) arrach hier soir au Dynamo de Kiev. Le quotidien sportif accorde un satisfecit au petit Poucet de la Ligue des Champions : " aprs un match bien matris, le champion de France est finalement pass tout prs du grand bonheur. Mais sa performance est encourageante pour la suite des vnements. " Il est vrai, selon Laurent Moisset, que "le jeu lensois a enfin ressembl  quelque chose. Structur autour d'un 4-4-2 plus conforme actuellement avec les possibilits de son effectif, le champion de France a retrouv du liant, de l'efficacit et beaucoup d'automatismes hier soir dans la capitale de l'Ukraine. " Tony Vairelles est le hros du jour puisque aprs l'ouverture du score par Chevtchenko  la 61e minute, il ne lui a fallu qu'une minute pour galiser. Le Lensois sollicite en effet, " le une-deux avec Smicer  l'entre de la surface ukrainienne ". Et voil que "la frappe de l'international franais rentre  ras de terre au ras du poteau droit de Chovkovski. " L'Equipe appelle mme la numrologie  la rescousse : " tout cela se passait  la 62e minute. " 62, comme le Pas-de-Calais qui, mme de loin, "aura vibr trs fort hier soir avec ses champions de France. " Sr.







Paris sur scne 
Il y quelques annes, Jean-Paul Belmondo incarnait au Thtre Marigny, dj, un " Kean " sign Alexandre Dumas. Le crateur de la pice, un certain Frdrick Lemaitre nous avait t rvl par l'inoubliable interprtation qu'en donna Pierre Brasseur dans le film " les Enfants du Paradis ".  Frdrick Lemaitre nous dit-on, rgna en pleine poque romantique sur les coeurs et sur les scnes. Thophile Gautier, Alexandre Dumas et Victor Hugo ont chant ses louanges. De " Ruy Blas " et " Lucrce Borgia "  " l'Auberge des Adrets " et " les mystres de Paris ", de ses innombrables succs fminins  ses insolences soigneusement tudies, il fut l'une des lgendes du Boulevard du Crime. Le voici qui nous revient sur la scne de Marigny sous les traits de notre " Bebel " national, dans une pice " Frdrick ou le boulevard du Crime " signe Eric-Emmanuel Schmitt. Si le nom de l'auteur (" le Visiteur ", " Variations nigmatiques "...) est un bon point, on est de prime abord un peu inquiet sur les possibilits qui restent  Belmondo (65 ans) d'interprter ce comdien sduisant et bondissant. L'on a tout  fait tort. Belmondo apporte  cette histoire de " star " avant la lettre, qui ne gurit jamais d'une enfance mal-aime et ne connut jamais de liaison stable, une vrit humaine qui touche le spectateur profondment. Lorsque l'on ralise que l'on se dirige vers une histoire d'amour entre Jean-Paul Belmondo et la ravissante (et toute jeune) Florence Darel, on craint le pire. Va-t-on revoir " l'Ecole des Femmes " o le barbon tombe amoureux de l'ingnue. Pas du tout. Eric-Emmanuel Schmitt, Jean-Paul Belmondo et Florence Darel russissent  rendre crdibles le tout.  A l'anecdote vient se greffer une rflexion sur le thtre et le mtier d'acteur, o Belmondo nous rappelle qu'avant d'tre le rigolo trop souvent vu sur le petit et grand cran, il est aussi un prodigieux comdien. [Ginette Billard] Thtre Marigny : 01 42 56 04 41


Tranche de tech 
Intel, le monstre froid du silicium, et Netscape, le gentil qui butine, sont sur le point de s'associer pour investir, modrment, dans une start-up sise de l'autre ct des Etats-Unis, sur la cte Est. C'est que Red Hat, n'est pas n'importe quelle start-up. Sur le papier et chez quelque 10 millions de fans microsoftophobes, elle est la championne du Linux commercial. Pour 50 dollars amricains, Red Hat vous offre un systme d'exploitation cl en main sur lequel fonctionne un des meilleurs serveurs Web du moment. Et pour le mme prix, vous disposez du code source de ce clone d'Unix. Sans se presser, la petite entreprise de Caroline du Nord a fait son trou et impos Unix alors que des colosses comme Sun, HP, DEC ou IBM ont chou par manque d'apptit oecumnique. Vritable Bernard Palissy du systme d'exploitation, les ingnieurs de Red Hat ont su crdibiliser Linux, faire d'un jouet un outil. Il reste, bien sr du chemin  parcourir pour faire la nique  Windows NT qui possde, outre la formidable force de vente de Microsoft, quelques atouts dont le jeune challenger ne peut se targuer. Si Netscape survit au dpart impromptu de son directeur de la technologie qui prfre fonder sa propre socit que de combler le trou dans la carapace scuritaire du navigateur, si Intel n'est pas distrait en chemin par les sirnes photonumriques de Kodak et les flics de la division antitrust, si, si et si..., Linux pourrait faire trembler Bill Gates. A moins que, par un curieux renversement de situation comme il les aime, l'ogre de Redmond ne retourne le succs de Red Hat contre ses dtracteurs et profite de son concurrent pour dmontrer au ministre de la Justice qui lui reproche d'tre seul (et arrogant) que le march est dsormais partag, que le monopole n'est plus ce qu'il tait. [Harry Gato] 





